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Entrevue avec Antoine Carabinier Lépine, Cirque Alfonse

Nous avons rencontré Antoine Carabinier Lépine, cofondateur du Cirque Alfonse, suite à leur résidence de création à la TOHU pour leur spectacle Animal, histoire de ferme. L’occasion d’en apprendre davantage sur le processus de création en temps de pandémie.

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Crédit : Benoit Z. Leroux, Bonheur mobile

Comment se déroule votre résidence artistique et qu’est-ce qui distingue la TOHU des autres lieux de création ?

La résidence se passe bien! Il est certain qu’en raison de la pandémie les choses sont bien spéciales et le port du masque dans les répétitions change un peu la dynamique.

À la TOHU, c’est vraiment le fun, c’est un très grand espace et nous avons tout le matériel dont on a besoin, ce qui est vraiment pratique. Ça nous permet d’essayer de nouvelles choses qu’on ne peut pas travailler à la grange (lieu de création initial de la compagnie) lorsqu’on a besoin de plus d’espace. C’est vraiment bien.

 

Vous avez présenté la première d’Animal, histoire de ferme en septembre dernier à Saint-Alphonse-Rodriguez. De quelle façon cette représentation devant public a-t-elle influencé votre processus de création ?

Cette présentation était une sortie de résidence. Nous avons trouvé cela très intéressant de voir ce que nous avions sur scène, en vrai. On a vraiment apprécié faire une sortie de résidence comme celle-là car ça nous a permis de voir à peu près où on était rendu dans la création. On a vu que ça pouvait marcher et qu’on avait un bon filon. Ça nous encourage à continuer dans cette direction-là.

On continue la recherche en ce moment, on tente surtout de peaufiner la musique avec les numéros. Il y a aussi des choses qu’on ne pouvait pas faire sur place puisqu’on jouait sur un « flatbed » (plate-forme de camion) qui est vraiment plus petit qu’une scène normale.

Toute la création s’est faite très vite, on a juste eu un mois de répétition en août contrairement à 2 qui était prévu au départ. Beaucoup de choses prennent du retard à cause de la COVID-19, mais le fait d’avoir pu jouer devant public ça fait un petit baume au cœur.

 

 Est-ce que la réaction du public a eu un impact sur ce dont vous allez travailler ? Vous fiez-vous à la réaction des gens ?

 Non… pas vraiment. Normalement, on ne se fie pas trop au public, car on veut vraiment garder ce que nous avons choisi et envie de faire. On n’a jamais fait de création en pensant à si le monde allait aimer ou pas, on fait ce qu’on aime et tant mieux si le public aime ça, et tant pis sinon (rire).

On essaie toujours de trouver différentes façons de faire du cirque. Par exemple dans Timber on utilisait le bois, les haches… maintenant, le nouveau spectacle est sur le thème agricole donc on utilise des fourches et des objets qui ne sont pas utilisés pour le cirque normalement.

Donc on continue d’aller dans cette lignée et on se fait confiance aux outils que l’on a. On est la même équipe de création depuis le début de la compagnie, une équipe qui fonctionne super bien, on se fait confiance dans notre démarche et on pousse les limites sans vouloir plaire nécessairement. On fait ce qu’on aime et on souhaite que ça plaise par la suite !

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crédit : JF Savaria, Tabarnak à la TOHU en 2019.

Pourquoi le titre Animal, histoire de ferme et d’où vous est venue l’idée d’un spectacle sur le thème de la ferme ?

On cherche toujours des références au traditionnel et à ce qu’est le Québec dans ses racines. J’ai grandi sur une fermette avec ma sœur Julie (qui fait partie aussi de l’équipe de création) et c’était naturel pour nous de créer sur ce thème-là.  La ferme, ça nous rassemble tous !

Il y a aussi de plus en plus de petites fermes qui commencent à émerger au Québec en lien avec le mouvement plus écologique et écoresponsable, donc pour nous c’était un bon sujet pour un spectacle de cirque et on voyait un bon potentiel créatif.

 

Quels seraient les impacts positifs et négatifs de la pandémie sur votre processus de création ?

Positif (rires) ? Il n’y en a pas vraiment de positif! Bon, oui on a plus de temps, mais le temps est moins de qualité avec nos masques, ça nous limite. Ce qui est fatigant c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre en terme de possibilité de jouer, il faut s’entraîner dans le vide, sans savoir ce qui s’en vient. C’est assez pénible de ne pas savoir si on va pouvoir jouer nos shows. On n’a plus de tournée, on devait être au Mexique en ce moment et on avait une très grosse année à venir. Investir temps et argent dans une création quand on ne sait pas du tout ce qui s’en vient, c’est une autre paire de manches !

La tournée faisait partie de notre vie ! Moi, c’est la première fois en 20 ans que je suis aussi longtemps au Québec, c’est très spécial. On est des nomades, notre vie est en tournée, c’est certain que le changement est énorme.

C’est tellement une période incertaine… ça démotive un peu… on essaie de rester positif, mais ce n’est pas toujours évident.

On se croise les doigts qu’on pourra retourner sur scène bientôt.

 

 La pandémie ne semble pas avoir nui à votre créativité et plusieurs projets ont émergé. Pouvez-vous nous parler de vos différents projets ?

On a eu plusieurs projets qui ne sont pas nécessairement associés au Cirque Alfonse, on a fait Bonheur mobile : des parades dans les ruelles du quartier Hochelaga-Maisonneuve et des participations à MONTRÉAL PRESQUE CIRQUE. On a aussi Lèche-Vitrine (dans Hochelaga). Ces initiatives ont été très spontanées, on a commencé avec les parades de Bonheur mobile ce printemps, au plus fort du confinement. Lèche-Vitrine est un projet auquel on a pensé avec d’autres circassiens dont Alice Kop et Nicolas Fortin avec qui on a créé une nouvelle compagnie qui s’appelle La compagnie des autres. On fait des initiatives avec cette compagnie-là pour qu’elle prenne des gallons et devienne un peu plus connue. Par exemple Lèche-Vitrine est une création de la compagnie. On n’arrête jamais et on y va à fond tout le temps. On essaie de se garder occupés et créatifs autant que possible.

Par contre on n’a rien fait sur internet (rire) ! Et c’est volontaire ! On fait est des arts vivants et on trouvait qu’une vidéo sur internet brise ce rapport au « vivant ». Personnellement, je ne suis pas très techno, donc les Zoom, Live stream… ça ne me parle pas du tout pour un projet artistique. On fait du cirque comme arts vivants et pour que les gens aient l’expérience du « vrai ». On est moins technologique comparativement à d’autres compagnies et c’était naturel pour nous de rester en Live. On a toujours été plus rattaché aux racines et ça nous parle plus de faire des arts en direct que d’enregistrer des vidéos.

Alors on pousse la machine pour que le cirque reste bien vivant !

On espère retourner sur les planches bientôt !

Démystifier les projets !

Bonheur mobile n’est pas une compagnie, mais un projet en soit, collaboratif avec plusieurs autres compagnies et artistes indépendants dont Cirque Alfonse, FLIP Fabrique, Machine de Cirque, Patin Libre et Parfaits inconnus selon leurs disponibilités.

Lèche-Vitrine :  Un projet artistique sympathique et spontané qui consiste à transformer une vitrine de la rue Ontario, en minuscule scène où peuvent se produire des artistes. Un projet de La Compagnie des autres.

La Compagnie des autres : Compagnie fondée en 2020 par Antoine Carabinier Lépine, Gen Morin, Alice Kop et Nicolas Fortin. Lèche-Vitrine est l’un des projets de cette compagnie. Ils ont quelques projets en vue et font des initiatives dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve (à Montréal) pour soutenir la création en cirque et encourager la diversité des initiatives d’ici.

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