Kintsugi : quand résilience et humanité rencontrent le cirque contemporain
Du 19 au 22 février, la TOHU présente Kintsugi, une création de la compagnie Machine de Cirque mise en scène par Olivier Lépine. S’inspirant du Kintsugi, l’art japonais qui sublime les imperfections, cette œuvre de cirque contemporain aborde la reconstruction de soi avec une profonde humanité.
Kintsugi est le résultat d’un texte écrit lors de la pandémie, « où on parlait de résilience, d’épreuve à traverser ». Ce thème s’est imposé naturellement dans ce contexte hors du commun qui a aussi été un moteur propice à la reconstruction, à la recherche de nouvelles manières de se réinventer, mais surtout de « façons de grandir dans tout ça ».
Le titre de la pièce fait d’ailleurs référence à la méthode japonaise de réparation des porcelaines et des céramiques, qui consiste, par exemple, à réassembler un vase cassé à l’aide de laque ensuite recouverte de poudre d’or. Le Kintsugi est aussi une philosophie qui, à l’image des lignes dorées d’un objet brisé laissant apparaître les cicatrices du passé, symbolise la résilience.
C’est sur cette base que repose la pièce, qui met en scène des inconnus attendant dans un abribus d’être emmenés quelque part. Ne sachant ni s’ils partiront ni où ils iront, une attente s’installe ; c’est par ce biais que le public est invité à plonger dans le passé des personnages afin de découvrir ce qui les a poussés à aller vers d’autres horizons.
Et si, pour Vincent Dubé, une phrase devait résumer l’essence de Kintsugi, ce seraient les paroles tirées de la chanson Anthem de Leonard Cohen « Il y a une fissure dans toute chose ; c’est ainsi qu’entre la lumière ».
Le cirque contemporain pour réinventer et créer
Bien loin du cirque traditionnel, Kintsugi propose une plongée au cœur de la vie, aussi belle et imparfaite soit-elle. La création est une confluence d’histoires humaines, de résilience et de solidarité.
Depuis sa création en 2013, Machine de Cirque s’est imposée comme un incontournable du cirque contemporain. Vincent Dubé, qui est l’un de ses membres fondateurs, le définit comme « une forme d’art à part entière qui va être un “creuset” de différentes disciplines qui peut incorporer de la danse contemporaine, du théâtre [et qui peut] revisiter de la musique ». Il souligne également l’importance du travail de recherche afin de réinventer des disciplines dites « traditionnelles ».
Dans Kintsugi, justement, deux disciplines empruntées au cirque traditionnel sont repensées. D’une part, le public pourra redécouvrir la perche par le biais de voltigeuses étant à l’origine des artistes de mât chinois et qui vont intégrer des figures de leur domaine dans la perche.
D’autre part, la boule acrobatique est réinterprétée par un artiste d’acrodanse, qui est venu « s’approprier la boule, et c’est vraiment tout en fluidité. Puis c’est très drôle aussi les façons de bouger qu’il a trouvées. Il y a un côté ludique, un côté poétique, c’est assez fascinant ce que l’artiste a réussi à faire », ajoute Vincent Dubé.
Selon lui, Kintsugi est une pièce grand public, qui peut être appréciée autant par les amateurs de cirque friands de performances « assez spectaculaires » que ceux qui privilégient les propositions plus théâtrales.
Kintsugi sera présenté à Montréal du 19 au 22 février et marquera également une première pour la TOHU, qui proposera une représentation en audiodescription le samedi 21 février à 14 h.